Introduction au Grandvaux
par ses écrivains

J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense, à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air lui-même. 
 (Guy de Maupassant)

 

 

Par Alice Decœur

"Une terre qui s'étale à près de mille mètres d'altitude, sous un ciel généreux, tout  enveloppé de soleil et de vent. Évocation de champs monotones coupés de lignes caillouteuses, de tourbières sournoises où vit l'herbe fauve immuable, de maisons tapissées de gris et distancées le long d'une route pierrée. Étendues mornes et désolées pour celui que n'atteint ni la poésie, ni la mélancolie des choses, mais attachantes pour les rêveurs, pour ceux qui sont sortis de cette terre ou qui l'ont adoptée. [...]


Et le fond du décor est la bordure sombre qui ferme le grand ciel, la ligne crénelée des Joux Devant et Joux Derrière, ces remparts frémissants qui furent de tout temps les défenseurs du Grandvaux. Gardiens farouches qui conservèrent à ce plateau et à ses habitants leur cachet d'originalité."

 
Epiceas
© Bernard Leroy


Par Auguste Bailly
[La Carcasse et le Tord-Cou, éd. Arthème Fayard 1948]

"Le coin de France qui forme le cadre de ce récit  est la région jurassienne à laquelle s'applique encore l'antique nom de Grandvaux. Rude plateau jeté vers le ciel sur les assises du Haut-Jura, coupé par les gradins parallèles de ses bancs calcaires, le Grandvaux offre une unité linguistique plus encore que géographique: c'est un ensemble de sept communes où se parle, - où se parlait, hélas! - le même patois. Dans les plus vieilles chroniques françaises, nous rencontrons les Grandvalliers. Toujours cheminant, le fouet au col, le feutre au vent, rouliers par goût et  prédestination, ils parcouraient la France et faisaient redouter partout leur vigueur physique, peu âpre, leur esprit fondeur, sarcastique, rabelaisien. Les voies ferrées ne déshonorent le Grandvaux que depuis un quart de siècle.  Avant d'être marqué par les aspects métallique de la civilisation, il gardait beaucoup de ses coutumes séculaires, et l'homme semblait s'y modeler, visage et pensée, sur les lignes de ce terroir sauvage, patrie du roc gris, du sapin rigide et du vent hurlant sur la neige accablante. J’ai tenté d’en fixer quelques traits en me rappelant le temps de mon enfance, quand la locomotive et l'automobile, nauséabonds symboles de notre âge, n'avait pas encore détruit la physionomie et l'âme des patries locales."


Le Grandvaux vu par Gilbert Cousin de Nozeroy en 1550
Description de la Franche-Comté de G. Cousin traduite pour la première fois par Achille Chéreau Publication de la Société d'Émulation du Jura - Lons le Saunier 1863

"Après vient le Grandvaux, semé de tant de villages qu'il y en a presque à chaque pas, et où l'on voit trois lacs très poissonneux, dont l'un a emprunté son nom au pays lui-même; le second et le village qui l'avoisine, a été appelé le Lac des Rouges-Truites, à cause de la grande quantité de ce poisson qu'il nourrit; le troisième, enfin, a été baptisé du nom de l'Abbaye, qui est la métropole de Grandvaux. Tout proche on aperçoit un bourg appelé le Voisinal.
On tient en grande estime les chevaux au pas d'emble de ce pays. Les chiens y sont très féroces."

 

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