Le Chevalier Bouvet


Par Noël Gaillard

 Noel_Gaillard 2005
L'auteur : Noël Gaillard
(Amis du Grandvaux/BL - 2005)

En 1815, une armée de 20000 à 25000 autrichiens, composée de fantassins, de cavaliers et d'artilleurs, arriva du Simplon près de Nyon en Suisse.

Des fortifications furent montées précipitamment aux Rousses. Le 2 juillet, une bataille fit 300 morts, plus de 1000 blessés autrichiens et une dizaine de tués ou blessés français ; mais les autrichiens se vengèrent en brûlant de nombreuses maisons des Rousses. Des individus suisses sans scrupule vinrent charger sur des voitures ce qu'ils purent emporter ; et, pour comble, le village fut occupé six mois par des compagnies suisses (le motif n'est pas précisé).

L'abbé Maillet-Guy cite cette date du 2 juillet en précisant qu'elle concorde mal avec une autre date d'un document rédigé 2 jours plus tard à Saint Laurent par l'officier autrichien.

Bref, Pierre Célestin Bouvet préside depuis 15 ans au progrès et au relèvement de la commune de Saint Laurent et jouit de l'estime universelle. D'accord avec quelques maires des communes voisines, il compose une escorte à cheval comprenant des maires et quelques notables en vue d'implorer la clémence des autrichiens qui s'approchent.

La soumission a lieu à La Savine ; parmi les représentants du Grandvaux, il y avait un ancêtre direct de l'abbé Maillet-Guy. L'escorte dut accompagner le grand chef ennemi jusqu'à Petites Chiettes (Bonlieu actuellement) mais ses troupes séjournèrent 3 mois au Grandvaux.
Entre-temps, le général en question annule la contribution de guerre de 300000 fr. qu'il avait imposée au Grandvaux. Mais, par contre, de nombreuses réquisitions en nature furent imposées au Grandvaux. Sautons quelques lignes (nous y reviendrons).


La belle conduite du maire de Saint Laurent avait été signalée en haut lieu ; le roi Louis XVIII venait de rétablir l'ordre royal de Saint-Louis ; il semble d'après les petites lignes de l'abbé Maillet-Guy (en bas de la page 444 sur l'édition de 1933) que ce Pierre Célestin Bouvet faisait partie de cet ordre (et qu'il s'acquittait chaque jour de l'obligation de réciter le bréviaire).

Le gouvernement de Sa Majesté lui conféra le titre de Chevalier de l'Ordre Royal. Le portrait de Pierre Célestin Bouvet se trouve page 439 du livre de l'abbé Maillet-Guy et la croix conservée par une famille Maurice Bouvet de Salins (voir page 449 sur l'édition de 1933).

Je viens d'indiquer que j'ai sauté quelques lignes, en voici le motif :

Dans le premier volume, j'avais indiqué que les autrichiens avaient pris des consommations chez mes ancêtres Gousset, ici, à l'Abbaye, et les avaient réglées à un centime près. Toutefois, en relisant attentivement à plusieurs reprises, on peut se demander si ce sont les autrichiens qui ont réglé ou si ce sont peut-être les communes. De plus, il pouvait y avoir, dans une autre commune, une auberge Gousset, située également vers le cimetière. Voici toutefois le relevé de la note :

120 litres de vin à 0,40 F

48,00F

22,5 livres de fromage à 0,40F 

9,00F

30 chevrets à 0,15 F 

4,50F

4 livres de beurre à 0,75 F 

3,00F

30 livres de pain à 0,20 F 

6,00F

Total

70,50F

Par la suite, le sous-préfet de Saint Claude confia diverses responsabilités au Chevalier Bouvet et l'abbé Maillet-Guy termine en indiquant qu'il avait bien mérité qu'on lui élève une statue. Mais, comme il en faudrait (cinquante ans après l'abbé Maillet- Guy) beaucoup d'autres, rien, par contre, ne s'opposerait à ce qu'une nouvelle rue ou un lotissement porte son nom dans l'une des communes du Grandvaux.

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